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La maison / Emma Becker - Les Médiathèques de la Baie

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Emma Becker a 30 ans, elle est écrivaine et serveuse, à Berlin. Pendant deux ans, elle a travaillé dans un bordel de la capitale allemande, où la prostitution est légale. Elle raconte dans une autofiction cette expérience. Emma, qui travaille sous le nom de Justine (espiègle Emma), n’a pas besoin pour vivre de devenir une prostituée. L’univers du bordel la fascine. Les femmes qui y travaillent prennent-elles du plaisir ? Sont-elles plus femmes qu’elle ? Plus belles, plus puissantes ? Peut-on faire jouir tous les hommes ? Et elle, ne pourrait-elle pas être la meilleure des putes ?

La narratrice voit ce boulot comme un défi, mais aussi le prétexte pour écrire un livre. Elle commence dans un premier bordel : deux semaines avec des filles de l’Est et des drôles de mastars comme gérants. Mais l’ambiance ne lui plaît pas, le lieu est glauque, elle part. La jeune écrivaine dit que si elle y était restée, elle aurait écrit le même livre triste sur le travail sexuel que des centaines d’autres. Alors elle va ailleurs,à la Maison, une sorte de bordel phalanstère tenue par «Madame», où les femmes travaillent quand elles le souhaitent et à leur rythme, où l’on peut ne pas venir si l’on est fatiguée ou refuser des clients.

Voilà l’endroit pour son histoire qui se développe en trois regards. D’abord celui sur les hommes. Ils sont souvent décevants, bêtes, des mecs incapables de savoir ce qu’ils veulent vraiment, des types un peu pitoyables, Justine, la pute, ne peut s’empêcher de les trouver attachants, c’est son côté mère Teresa du cul.

Mais ce qui la retient le plus, ce sont ses collègues, qui la fascinent. Ce sont, par de jolis mots, de multiples déclarations d’amour pour leur parcours, leur corps, leur être. Justine-Emma écrit : «Dorothée, toute nue, passe sur ses longues jambes une huile au citron, dont l’odeur se mêle à celle de la soupe qu’une des filles a laissée refroidir sur le bord de la table basse. et c’est précisément cette impudeur, cette désinvolture qui m’enchantent.» L’auteure sait saisir et retranscrire la beauté, tout en faisant souvent preuve d’humour ou d’une légèreté grave qui caresse le regard.

Reste sa vision d’elle-même, sur son travail, l’écriture et la prostitution, le bordel et son propre corps. Dans le fond, tout se mélange. En faisant pénétrer le lecteur dans les recoins intimes de cette maison, c’est elle qu’il pénètre. Ainsi, auprès de l’une de ses amies-lectrices, elle s’inquiète : «Malgré mes tentatives maladroites de faire sourire, le reste du monde continuerait probablement à ne voir que l’horreur à l’état pur, le commerce de parias avec d’autres parias - et je rêvais de demander à cette copine, parce que c’était la seule chose qui comptait vraiment : Est-ce que tu veux dire par là que je donne l’impression de vouloir qu’on m’aime ? Comme si ce n’était pas évident.»

Le roman d'Emma Becker existe aussi en livre numérique :

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