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Bacurau / Kleber Mendoza Filho et Juliano Dornelles - Les Médiathèques de la Baie

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OPAC Détail de noticePrix du jury à Cannes en 2019

Bacurau crée un peu la polémique au Brésil car il parle de résistance et de la région du Nordeste que n'aime pas particulièrement les autorités qui souhaiteraient que les pauvres se taisent pour continuer à les oppresser. Mais le succès du film à sa sortie prouve que les gens ont besoin d'art qui sorte des sentiers battus pour contrecarrer la politique populiste mortifère incarné par Jair Bolsonaro.

De populisme il en est question dans Bacurau où dans un futur proche le préfet de région qui veut se faire réélire prive les habitants de ce village d'eau potable en bloquant le barrage en amont. Cette communauté coupée de tout dans cette région difficile doit se débrouiller pour se ravitailler que ce soit en vivres en vaccins ou en livres. Le préfet y pourvoit un peu en cette période pré électorale en amenant des livres en mauvais états, des denrées parfois périmées et des médicaments assez nocifs.

Un mélange de genre assez intrigant qui débute par les funérailles hautes en couleur de la matriarche du village morte à 94 ans pour se terminer en western sanglant. Entre les deux, la vie de cette communauté soudée qui tente de résister aux puissants en attendant une menace plus grande encore. Avec une description des coutumes de ce peuple ou la vie et la mort sont étroitement liées avec une façon de relativiser en dansant la copoeira et dans la foulée assister à une veillée funéraire. Une longue tradition de luttes qui leur permet de contrer l'adversité. De l'humour avec des séquences référencées comme ce drone en forme de soucoupe volante ou encore ce chef des mercenaires incarné par un Udo Kaer acteur culte de Rainer Fassbinder ici en roue libre. Un film pleins de surprises adoptant une forme de contemplation avant de déchainer les enfers.