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"Nous ordonnons notre vie à la lumière de récits évanescents. Comme si nous nous étions égarés dans un paysage déroutant, recueillant des indices invisibles et inexprimés, que nous rapiéçons pour survivre, incomplets, délaissés."

N'était la différence de style, on pourrait prendre de prime abord Ombres sur la Tamise de Michael Ondaatje pour un roman de Patrick Modiano. Tout commence en 1945, lorsque, sous prétexte de mutation professionnelle, les parents de Nathaniel et Rachel partent à Singapour, les laissant aux soins de mystérieux individus qui évoluent dans un Londres interlope, encore marqué par les stigmates de la guerre. Parmi les personnes plus ou moins louches qui se mettent à fréquenter leur maison, les deux adolescents se choisissent des figures parentales et grandissent tant bien que mal. Jusqu'à ce que leur mère réapparaisse, dans des circonstances tragiques. Devenu adulte, Nathaniel se consacrera à faire la lumière sur l'histoire de sa famille, retraçant en particulier le parcours de sa mère.

La force de ce livre réside dans ce qu'il est inclassable (roman d'initiation, noir, d'espionnage, historique) et dans tous les questionnements qu'il ouvre : sur la mémoire, l'engagement, la vérité, la justice. Un très beau moment de lecture, à renouveler ad libitum, tant le propos est riche.