C'est avec un mélange d'excitation enfantine et de déférence respectueuse que Genya Tachibana entre avec son caméraman dans la maison où s'est repliée depuis trente ans la grande star du cinéma populaire japonais Chiyoko Fujiwara. Les recevra-t-elle ? Aura-t-il l'occasion de lui offrir ce petit souvenir retrouvé dans un studio aujourd'hui disparu ? Clé de l'entretien. Clé de son (leur) existence.
Comme une clé de l'œuvre de Satoshi Kon, là encore réalité et fiction se mélangent... s'interpénètrent. Se nourrissent peut-être. Entre la vie de cette actrice, héroïne du film, et les films dans lesquels elle a tourné... le montage passant de l'un à l'autre dans un malicieux mélange et des transitions jouant avec nous, spectateurs. Entre ce film et le cinéma japonais du 20e auquel il rend un superbe hommage, l'histoire du Japon en patchwork temporel de fond.
Et en suspension, légère comme un flocon, la question de la mémoire, montage de nos vies communes et individuelles, oscillant peut-être entre ce que nous vivons et ce que nous imaginons. La réalité ayant pour seul moteur l'illusion.
Satoshi Kon est un poète. Les poètes sont éternels. Il nous a laissé quatre long-métrages d'animation, quatre flocons merveilleux :
- Perfect Blue (1997),
- Millennium Actress (2001),
- Tokyo Godfathers (2003),
- Paprika (2006),
heureux vous ! qu'il vous reste à découvrir, ou dans lesquels vous plonger à nouveau.